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Etude des cépages jurassiens

   LES CEPAGES  JURASSIENS
Gaël DELORME septembre 2005 

 

 

 

I Généralités

La vigne fait partie de la famille des vitacées. Famille composée de 19 genres :18 genres qui sont surtout des vignes vierges, d'ornement non présentes originellement en Europe (ex : ampelopsis, cissus,...)

Genre Vitis comprenant une centaine d'espèces recensées dont certaines fossiles.

                29 d'origine asiatique

                34 d'origine américaine (ex : riparia, rupestris, labrusca, berlandieri,...)

                  2 indo-européennes :

                Vitis silvestris (ou lambrusques) : vigne sauvage quasiment disparue à cause du phylloxéra sauf dans des endroits isolés. Ce genre est dioïque (Plant femelle à besoin d'un plant male pour la reproduction)

                Vitis vinifera il est hermaphrodite. Il est certainement issu de mutation et sélection de Vitis silvestris par les hommes.

                Vitis vinifera est constitué  de plusieurs milliers de variétés ou Cépages 

II Historique

        Le vignoble européen, avant la crise phylloxérique, était constitué de vitis vinifera planté en direct.

Le vignoble franc-comtois était à son appogé en 1896 à 20 550 ha :

Cépages francs-comtois.                       Cépages d'emprunt

Cépages blancs

Savagnin : 400                                         Chardonnay : 2000

Poulsard blanc vrai                                   Meslier blanc : 200

Cinquien                                                   Aligoté : 50

Peurion (Pourrisseux) 150                       Gamay blanc vrai

 Fariné blanc : 300                                   Chasselas blanc : 200

Gueuche blanche : 300                            Melon : 200

Cépages noirs

Poulsard noir : 2000                                Pinot noir : 4000

Trousseau : 1000                                    Pinot gris

Beclan : 500                                            Meunier : 400

Grappenoux : 109                                   Gamay noir : 5000

Argant : 150                                            Peloursin : 150

Bregin : 1000                                          Mondeuse : 1200

Valais noir :600                                      Dameron :50

Meslier noir (moisi)                                 Corbeau : 300

Enfariné : 1200                                      Teinturier

Gueuche noir : 5000

Arrivé de l'Oïdium, avec l'arrivée de l'Isabelle (cultivé en vigne d'ornement et "curiosité botanique") au XIX ème siècle.

Du fait de sa résistance à cette maladie, on a continué à l'importer des Amériques et ainsi introduit d'autres parasites : le phylloxéra en 1868, le mildiou en 1878 et le black-rot en 1885.

Pour le Jura c'est en 1879 que le phylloxéra arrive dans les environ de Beaufort.

Progressivement, les vignes sont totalement arrachées.

Deux possibilités pour contrer les attaques du phylloxéra :

1°) Plantation de plants résistants

Dans un premier temps, on plante des vignes purement ou à dominance américaines : hybride de différents genres de Vitis américains : Isabelle, Noah, Othello, Clinton, Jacquez et Herbemont (cépages totalement prohibés en 1934)

Plantation par la suite d'une autre génération d'hybrides producteurs directs (vitis américains X Vitis vinifera).

Exemple : Baco noir (baco 1), maréchal Foch, Seyve-Villard, les Seibel dont le 1000 et le 5455, Gaillard (Noah noir),...

Ces HPD sont rustiques et plus ou moins résistants aux maladies et ravageurs originaires d'Amérique. Mais ils ont en général une grosse production de méthanol ("alcool qui rend fou")

Tous ce que l'on a vu jusqu'à là sont appelés communément des directs.

En 1900, année où le phylloxéra a fait le plus de ravages dans le Jura Il reste 7 915 ha dont à peine 500ha plantés en Vitis Vinifera.

En 13 ans le vignoble se reconstitue pour atteindre 10 409 ha.

 

2°) Greffage de Vitis Vinifera sur porte-greffe

Le but est de greffer les vignes européennes sur des systèmes racinaires (porte-greffe) résistant au phylloxéra qui s'attaque aux racines.

Porte-greffe utilisé dans le Jura :

* SO4 aujourd'hui marginal car confère trop de vigueur

* 3309c Petite Vigueur conférée

* 101-14 Petite Vigueur conférée

A partir de là : disparition progressive de HPD

        Disparition dans un premier temps des viniferas médiocres ou peu productifs .

Apparition des AOC dans les années 1935 qui autorisent seuls 5 cépages jugés les plus qualitatifs pour la production de vins jurassiens (chardonnay, Pinot, Poulsard, Savagnin et Trousseau). Donc disparition de tout le reste car la production de vin dans le Jura est essentiellement en AOC.

Etablissement d'une liste départementale de cépages autorisés et recommandés qui concerne donc les Vins de Pays et les Vins de Table (Cf annexe).

        Abandon du vignoble jurassien à partir de la Première guerre mondiale (exode rurale,...)  1966 : 747ha de vigne

Dans les années 1950, apparition de la sélection clonale : amélioration du matériel végétal grâce à la sélection d'un cultivar (ou individu) par ses qualités culturales et sanitaires pour la multiplication par bouturage.

La sélection massale : choix d'une parcelle intéressante avec un grand nombre d'individus différent, greffage des pieds observés visuellement depuis quelques années.

3°) Ampélographie

C'est la science de la description botanique des variétés de vigne.

Reconnaissance des cépages grâce à la description des organes de la vigne : bourgeonnement, rameau, grappe/baie, aspect général de la plante et surtout de la feuille : forme, position des nervures, villosité, couleur, denture, forme des sinus,...