Dégustation d'Arbois


 
Domaine PASCAL CLAIRET A ARBOIS
VISITE ET DEGUSTATION DU 14 JANVIER 2006  

Dégustateurs : JC Grappe, M Jaillet, M Campy, R Pauly, G Trimaille, M Favier G Delorme, J.J Pelaudeix, C Poncet,
B Desvignes et son invité

Présentation

Après avoir travaillé à la Chambre d'Agriculture et au Château Pécauld, Pascal Clairet s' installe à Arbois en 1991. La propriété comprend actuellement 6 ha 20, répartie ainsi : 1 ha de Poulsard, 1 ha de Trousseau, 1h80 de Savagnin et le reste en Chardonnay.

Son objectif est pratiquement atteint car 6 à 7 ha de vignes suffisent pour une exploitation familiale, le travail étant effectué par le couple et l'aide d'un saisonnier sur une période de 4 mois.

 

 

Visite du terroir " Les Corvées"

La parcelle se situe sud, sud-ouest sur le versant du coteau d'une écaille formée de calcaire, cela rappelle le terroir de Château Chalon, l'autre versant donnant sur Vauxelle.
Le terroir est composé d'une couche d'éboulis, de graviers gras, d'une épaisseur d'environ 60 cm sur des marnes grises
Elle est plantée en cépage Trousseau ( Trousseau lâche, genre à la Dame qui mûrissent mieux )

Conduite de la vigne et vinifications

Les principes de base de Pascal sont les suivants :

- Travailler proprement : culture très raisonnée, pas de label bio mais la même philosophie tout en gardant la liberté d'intervenir en cas de besoin et d'éviter les frais de contrôle pour la certification à chaque saison ( 1000 euros) .
Lignes enherbées, seulement un léger buttage, débuttage
Traitements à base de produits organiques en préventif pulvérisés avant la pluie, produit de contact et de couverture .

- Maîtriser les rendements : moyenne 35 hl/ha tous cépages confondus
- Ne laisser que 8 à 10 grappes par pied, en cas d'abondance on peut pratiquer des vendanges en vert Pascal le fait rarement . Cela consiste début août à retirer la deuxième grappe ou quelque fois la première si deux grappes se gênent afin d'assurer toujours un meilleur mûrissement 

- Ne pas triturer le raisin : vendanges manuelles, chaque vendangeur est équipé d'un chariot contenant une comporte, il commence en haut de la ligne et descend le bac qui est changé dès qu'il est plein

- Raisin pas égrappé, légèrement foulé, puis pressé, pas de chaptalisation, pas de levurage, peu de soutirage
" La levure est la charnière de l'A.O.C., c'est le catalyseur qui transforme le jus de raisin en vin .
C'est fondamental de garder nos levures indigènes, ce sont les précurseurs d'arômes situés sur la pruine d'un raisin bien mûr"

- Surtout un raisin cueillit bien mûr avec la râfle mûre pour éviter le goût de végétal et l'amertume. Les pépins doivent être bruns et se défaire facilement de la pulpe.

La qualité du vin dépend principalement de la qualité du raisin .
Le vigneron qui passe du temps dans ses vignes obtient de grands raisins et passe ainsi moins de temps en cave." le vigneron suit son vin mais ne le précède jamais"

Visite d'une cave

Le vin est élevé dans 2 caves , une en Faramant, l'autre dans la maison familiale. Cette cave possède une voûte très haute, c'est pour cette raison qu'il a choisi des foudres assez hauts, de forme ovale type Alsacien ou Suisse, d'une contenance de 3000 litres. D'autres foudres plus petits et de pièces viennent en complément. La plupart des vins blancs sont vinifiés en pièces, bâtonnés, ouillés tous les 10 jours et restent 24 mois minimum avant d'être assemblés en foudre.  Les vins de 2003 seront assemblés au printemps.

Dégustation

1) Poulsard 2005 l'Uva Arbosiana
Ancien nom du cépage arboisien, en général pour le millésime 2005, les fermentations malolactiques  sont terminées, le vin est tiré de cuve.
Particularité de ce vin : il est réalisé en macération carbonique ( 1100 mg CO2 )
Le raisin est mis entier dans les cuves pendant 1 mois puis il est décuvé et pressé . Cela donne un vin au nez de raisin, en bouche très fruité, très frais mais avec du gras. Un vin de soif très agréable .

2) Poulsard 2003
Rendement 22 hl/ha, il a cuvé pendant 4 semaines, pigé 3 jours, il contient 2g de CO2
Au premier nez un peu de réduit qui s'estompe après aération .
Robe grenat aux reflets cuivrés au nez se dégagent des arômes d'épices.
La bouche est ample, les tanins sont fins et serrés, en rétro des arômes de gelée de framboise.

3) Trousseau 2005
Vin tiré sur cuve, pas relevé ( soutirage après malo ) malo juste terminée. Fermentation en cuve ouverte de 40 hl peu haute, très large pour un meilleur contact avec le chapeau cela permet une bonne infusion des anthocyanes qui ainsi dégageront plus de couleur et d'arômes.
Pas chaptalisé 11.95 à 12 °, rendement 43 hl/ha, mis en bouteilles depuis 2 mois
Premier nez de fruits noirs, baies de sureau . La bouche est un peu plus étroite que le précédent mais bien fruitée. Un vin agréable qui accompagnera sans prétention une pièce de viande rouge

5) Trousseau 2003
Année très précoce, vigne vendangée le 19 août, vin titrant 14°5
Robe rouge grenat aux reflets noirs. Nez de fruits noirs surmûris. La bouche est riche, bien équilibrée, fraîche malgré la richesse en alcool, les tanins sont présents.
" Le Trousseau est capable du meilleur comme du pire, il faut qu'il soit planté dans son terroir et qu'il puisse bien mûrir"

6) Chardonnay 2005 en Curon
Titre 13.8 à la vendange, il reste 5 à 6 g de sucre, non oxydé, malo non terminée
Nez encore fermentaire puis se dégage de la vanille et de l'anis. La bouche est moelleuse, très riche

7) Chardonnay 2004
Sans SO2, élevé 1 an en pièce plus 1 été
Nez aux arômes de brioché, d'amande et minéral.
Belle acidité en bouche, du gras, vin suave. En rétro du minéral et encore de l'anisé.
" La particularité de ce vin c'est qu'il se partage entre les arômes fermentaires et le minéral "

8) Chardonnay 2002 en Curon
Belle robe dorée. Nez toujours sur le minéral, le calcaire, la craie. Attaque souple en bouche, une superbe qualité de l'acidité qui évolue vers la minéralité .Un fin de bouche très briochée et minérale. Un vin blanc de gastronomie qui se mariera parfaitement avec une cassolette de Saint Jacques

9) Fleur de Savagnin 2003
Vin ouillé, mise en bouteille récemment.
Au nez des nuances d'anis, de brioché, de pommes séchées, de marc de vin de paille
Bouche : attaque fraîche, on trouve du minéral, des agrumes, une grande finesse et en rétro du minéral, des notes beurrées

10) Savagnin 2002 Les Solstices
Vendange tardive puisque récolté le 11 novembre 2002, seulement 8 hl/ha, vin ouillé, pas de malo
Un nez extraordinaire de pâte de coing, d'agrumes, d'oranges confites, de vin de paille, pelure de crayon (Baignol et Fargon et non Carrend'ache dira Maurice )

11) Vin jaune 1998
Mis en bouteille en avril 2005, provient d'une jeune vigne ( sixième feuille, la cinquième a aussi produit du jaune )
Nez puissant mais d'une grande finesse, des arômes d'épices douces, de fruits secs
En bouche : attaque vive, belle finesse, le minéral domine, on retrouve les épices, le curry
Vin racé, marqué par son élégance et d'une belle longueur

12) Vin de paille 2002
Belle robe jaune doré aux reflets cuivrés
Nez de pâte de coing, de raisins secs et gingembre confit
On retrouve en bouche l'orange amère, le coing, l'eau de coing, longueur et fin de bouche de belle qualité

13) Poulsard 1993
Premier Poulsard de Pascal, il a été primé par une médaille d'argent .
Un Poulsard traditionnel pour accompagné le sympathique mâchon prévu en notre honneur et qui a été fort apprécié après cette riche dégustation

 

Conclusion

" Superbe dégustation où l'homme et le terroir s'interpénètrent"

Nous avons dégusté les vins d'un humaniste, pour ne pas dire d'un démiurge, une éclatante symbiose entre l'homme et le terroir confirmée par un discours qui nous porte à deviner Pascal rêvant son vin dans le secret de sa cave

                                                                                Marie Thérèse GRAPPE