Visite et dégustation chez Champagne De Venoge

3 juin 2013

 

DEGUSTATEUR

MT et JC Grappe, Maurice Jaillet, Robert et Michelle Beaulieu, Danny et René Pommey, Alain et Marie Odile Cornet, JM Gros, Clément Gillot, Cat Poncet, Bernard Banderier

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 HISTORIQUE

La famille est originaire de Cossonay en Suisse, région traversée par la rivière de la Venoge.
En 1411 on trouve Jean et Perrod Devenoge Bourgeois de Morges, la famille reste en Suisse jusqu’en 1825, mais c’est dans la ville de Dizy près d’Epernay  que l’on retrouve la postérité de la famille.
La maison de Venoge fut fondée en 1837 par Henri-Marc de Venoge né le 03 octobre 1776.
Dès le début de 1838 il commercialise un grand nombre de bouteilles.
Il se retire des affaires en 1845 et meurt en 1860.
En 1838, il est l’inventeur de l’étiquette illustrée,  innovation décisive en Champagne. Ovale avec en plus du nom De Venoge, elle porte le dessin de deux bouteilles peintes.
Avant, n’était mentionné que le nom du champagne et le millésime.
Dès 1864, elle impose son « Cordon Bleu » symbole de la noblesse dès le XVI siècle, depuis 170 ans, la maison De Venoge occupe une place privilégiée au cœur du vignoble champenois
Ce sont ses enfants Joseph et Léon qui reprennent la maison en main, Joseph étant le véritable dirigeant de la société crée par son père, alors que son frère Léon débute le commerce international dès 1838, et devient président de la société en 1845. Il lance ainsi les premières cuvées, le fameux cordon bleu (1851), le vin du prince en 1858, le vin du paradis etc
Le cordon bleu symbolise d’une part, l’eau courante de la rivière « de Venoge » et d’autre part par son nom et sa couleur azur, l’Ordre du Saint-Esprit, le plus célèbre ordre de la chevalerie de la monarchie française. Il cède à Mumm le cordon vert et le cordon rouge
Il décède en 1866, une rue d’Epernay porte toujours son nom.
Son fils Gaétan fera prospérer la maison de Venoge et en 1958 la lignée directe de la famille s’éteindra. Mais la maison porte encore aujourd’hui le flambeau de la qualité champenoise et de l’innovation.

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PRESENTATION   

Aujourd’hui, les champagnes De Venoge font partie du groupe BCC qui comprend aussi : Lanson, Boizel, Chanoine F (cuvée Tsarine), Philipponat, F Bonnet (Riceys), Burtin, Besserat de Bellefon, Charmoy.
BCC est aujourd’hui le numéro 2 du secteur derrière Moët&Chandon (au sein du groupe LVMH)
C’est Guillaume Broche directeur commercial qui nous accueille et effectue la visite et dégustation

VISITE

Le vignoble d’une superficie de 18 ha représente 20% de la production, le reste est acheté.
Les raisins arrivent au centre de pressurage Bruno Paillard, qui comprend une cuverie de 21 cuves de 37hl.
Particularités : La maison De Venoge n’utilise que des jus de première presse, il faut 1.5 kg de raisin pour une bouteille, le vieillissement sur lattes est de 3 ans minimum mais souvent plus
Le vieillissement se fait en caves qui furent construites par Pol Roger en 1853, à 20m
sous terre à une température constante de 11 à 13°C.
En cave Maurice Jaillet a eu le privilège de dégorger « à la volée » un Champagne de 1989 non dosé, que nous avons dégusté sur place dans les très belles coupes
Remarquable fraîcheur des arômes de pomme, de fruits secs cela rappelle un peu le Xérès
Beau volume en bouche, une acidité de très belle qualité
En passant devant la cave des vieux millésimes nous apercevons des bouteilles de 1893

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Le grand maître œnophile Maurice Jaillet dégorge à la volée un champagne de 1989

DEGUSTATION

Cordon bleu extra Brut 2009

Vendange 2009, dégorgé en 2013, il est composé de 50% de Pinot noir, 25% de Pinot meunier et 25% de Chardonnay. Dosage 3g, vieillissement 48 mois. Un ajout de vins de réserve de 2 années offre une cuvée pleine de fraîcheur
Robe jaune pâle, des bulles très très fines
Au nez des notes d’agrumes, de pommes vertes
Attaque fraîche, une belle vivacité en bouche, un foisonnement très fin, une bonne persistance.
Conviendra bien à l’apéritif ou sur des fruits de mer, huîtres

Cordon bleu Blanc de Blancs millésimé 2004

100% Chardonnay bien sûr, vieillissement 5 à 6 ans
Robe jaune pâle, bulles fines mais moins nombreuses que le précédent
Un premier nez minéral, puis du lacté, beurré, brioché
Attaque franche, une bouche ronde, expressive, un beau foisonnement, une rétro de caramel au lait

Cuvée prestige Louis XV 1996 (millésime du siècle)

Louis XV en 1728 qui fut le premier a autoriser le transport et la commercialisation du vin de Champagne en bouteilles
Belle carafe transparente, ciselée, col fin et élancé, étiquette en forme d’écu et armoiries De Venoge

50% Chardonnay, 50% Pinot noir, vieillissement pendant 10 ans
Robe jaune paille, reflets or
Le nez dégage des odeurs lactées, du torréfié et des fruits:pommes mûres, raisin sec, noisette
Attaque franche, une bouche un peu évoluée, un petit côté oxydatif comme un Xérès
Des bulles « huilées » qui glissent et tapissent la bouche et une grande persistance
En rétro du caramel, sous-bois et épices douces : un grand moment

Vin surprise à l’aveugle

Robe jaune pâle, bulles fines
Au nez des notes de fruits blancs : pêche on s’interroge ?
En bouche le Chardonnay explose, des arômes de beurre, de torréfié, de fruits secs, de la noix qui rappelle le Jura. Une longueur exceptionnelle, un vin grandiose. Il s’agissait de la cuvée prestige « Vin des Princes  1993» dans sa jolie carafe qui peut tenir en équilibre sur le côté
pendant la préparation des nos achats Guillaume nous propose

5- Rosé brut réserve 2009

Il est élaboré avec un assemblage de vin blanc et de vin rouge 60% pinot noir, 20% pinot meunier, 20% de Chardonnay.
Belle attaque, des notes de petits fruits rouges, fraise, framboise
Bouche d’une belle fraîcheur, du gras, du brioché. Vineux et frais

CONCLUSION

Dégustation prestigieuse pour notre petit groupe qui n’a pu se retenir de re goûter à nouveau ces cuvées. Ensuite nous avons offert à Guillaume nos spécialités jurassiennes : un Clavelin de vin jaune 2005 de Didier Grappe et un morceau de comté fruité de Poligny

Le même cadeau également pour Monsieur De La Bassetière que nous remercions encore vivement de cet accueil et dégustation qui restera gravée chez les Oenophiles du Jura.

                                                                                                                                            Marie-Thérèse Grappe